Le témoignage de Justine Laberge et David Bussières, du groupe Alfa Rococo, est criant de vérité. Sans LOJIQ, ils n’auraient pas pu bâtir la carrière à laquelle ils aspiraient en territoire français.
Porte-parole culturel des Offices depuis 2008, le duo était invité, à l’instar d’une cinquantaine de jeunes professionnels et stagiaires, à partager son expérience devant les premiers ministres français et québécois, réunis vendredi à Montréal dans le cadre de leur 17e rencontre alternée.
Chaque année, plus de 10 000 jeunes de chaque côté de l’Atlantique sont accompagnés et soutenus dans leur projet de mobilité internationale grâce à cet organisme gouvernemental fondé il y a 45 ans.
Marois stagiaire en 72
La première ministre du Québec Pauline Marois en a d’ailleurs surpris plus d’un en annonçant qu’en 1972, elle avait elle-même pris part à un projet de trois semaines à Paris et à Marseille, où elle a rencontré des élus et des conseillers régionaux sous le thème de la planification et de la décentralisation. «Alors voilà où ça peut mener d’avoir participé à un stage à l’Office franco-québécois», s’est-elle exclamée sous les applaudissements nourris du public.
Son homologue français Jean-Marc Ayrault s’est pour sa part demandé comment faire pour améliorer la visibilité de l’organisme qui, malgré plus de quatre décennies de réalisations, n’est pas nécessairement connu de tous les milieux de la relève.
«J’ai bien aimé l’idée de Pauline Marois de publiciser les opportunités dans les écoles secondaires et les Centre jeunesse emploi, parce que ça ne prend qu’une seule personne qui fait un projet pour que ça circule et que ça fasse des petits», estime David Bussières. Celui-ci considère pour sa part que le milieu musical où il œuvre est déjà bien au fait du petit coup de pouce que peut apporter LOJIQ de l’autre côté de l’Atlantique.
Chance inouïe
«L’aide n’est pas que financière», poursuit sa compagne Justine Laberge. «Quand tu arrives quelque part et que tu ne connais pas l’endroit ni les personnes, de pouvoir compter sur un réseau de contacts, c’est quand même rassurant. Et on ne dépense pas l’argent pour dire qu’on s’en va en vacances en France pour faire deux ou trois concerts, se bourrer la face et boire du vin. Ce n’est vraiment pas ça!» atteste-t-elle.
À leur dernière tournée, les deux musiciens et leur équipe ont parcouru 6000 kilomètres en 10 jours pour offrir presque autant de représentations. «C’est énorme! On était tout le temps sur la route et on avait des concerts pratiquement tous les soirs. C’était vraiment intense, mais on voyait les gens réagir et on avait accès à des salles immenses puisqu’on faisait la première partie d’artistes établis tels que Zaz, dans des Zéniths remplis avec 8000 personnes.» Une expérience qu’Alfa Rococo n’a encore jamais eu la chance de réaliser au Québec.
Le chef Daniel Vézina et la designer Mariouche Gagné (Harricana) ont également témoigné en faveur de la mobilité France-Québec au cours de cette rencontre de plus d’une heure, qui se voulait ouverte à la discussion entre participants et politiciens.
Parmi les personnes présentes, rappelons qu’une quinzaine de jeunes professionnelles sélectionnées par LOJIQ étaient à la veille de leur départ pour Paris afin de participer au premier Forum mondial des femmes francophones. Quelque 400 femmes originaires de 77 pays y prendront part le 20 mars.